chapitre un

«  En fin de compte, tout s’arrange, sauf la difficulté d’être, qui ne s’arrange pas. »
Cocteau.

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. »
Baudelaire.

« I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked,
dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix,
angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly connection to the starry dynamo in the machinery of night… »
Ginsberg.



Ta beauté me paraissait intacte
Je n’osais pas la toucher alors je l’ai invoquée.

Il faut écrire vite c’est urgent quelquechose d’immatériel va procéder, proche du sacré, d’un sacré mis à mal, tordu, avoir lieu dans nos villes au cœur de nos vies, quelquechose de glacial, d’immémorial et d’hautement addictif.

Hier, dans la rue, je passe le pas de coté, vite fait, discret.

Je crois que c’est le moment de sortir dans les rues et de vociférer comme un sanglier, comme une bête fauve, d’hurler la lame de sa douleur, les larmes de sa traînée sur le bitume et de voir des passants passer avec humanité.

Nous sommes en train de voir posément s’éteindre une civilisation de deux mille ans car ne nous trompons pas, nous n’étions pas là au commencement, mais avec un peu de chance, nous assisterons à l’implosion de la planète. Un feu d’artifice dont vous ne serez pas les artificiers. Vous en serez privés.

Il faut écrire dans l’urgence, il faut créer dans l’urgence, la patience n’a rien à voir avec nous, nous qui sommes trop écorchés, irascibles, en marge des institutions et fasciné par la chute du destin, par l’écriture du désastre.

« Tu es là, tu n’es plus là, je me déchire » lance un type à une jolie fille dans une station de métro et c’était totalement théâtral.

Quand je repense à mes 14 ans et à mon adolescence, j’ai chagrin et nostalgie.

Ma pensée était moins acérée, moins contendante, peut être moins retors aussi.

J’aimerais tomber à terre, me gratter salement sur le sol et finir ma vie dans une cahute au milieu d’une forêt (vierge)

Tout ce qui est urbain m’attire, me séduit, m’excite alors que la province me berce d’un doux et langoureux ennui.

Il faut retoucher la vie en numérique, laisser sa trace sur le réseau encodé en 0 et en 1, voilà notre salut.

Le passage de l’analogique à l’ère digitale a bouleversé nos existences à jamais. Le clone est à portée de main.

Tout écrivain écrit sur l’impossibilité d’écrire. C’était le cas d’Artaud. On ne sait pas ce qui vient et va entre la pensée et le papier.

Aujourd’hui je n’ai aucune inspiration. Je respire. Dehors il pleut. Je n’ai plus faim. Maman est sortie. Mon frère est à Milan. Paroles… Ravissement de la parole.

Méfiez-vous de mes mains, elles mordent. Mes maux mes mots scalpent la réalité.

Où vont les anges quand il fait nuit ? Où est le jour quand tu gémis ? J’ai peur de te perdre. J’aimerais te mémoriser sur un disque dur pour avoir toujours une image de toi dans mes valves cardiaques.

Autour…tout autour.

Près…tout près.

Logique d’amphétamine. Nuits bi chromiques, je veux dire en noir et blanc. Nuits diurnes, agiles et éveillées. Nuits allongées dans les alcôves du passé mais parfois nuits d’espérance.

Je veille sur mon corps le plus proche. Et pourtant combien en ai-je laissé sur des chemins ardus.

Insomnies. Mais ce soir je battrai la nuit.

J’ai passé la matinée à faire des autoportraits avec un vieil appareil numérique. Je paramétrais le minuteur mais le problème c’est que je n’arrive pas à sourire naturellement. Sur les cinquante clichés, j’ai l’air grave et tourmenté. C’est sans doute le fond de ma nature. Mis à part le narcissisme, faire des autoportraits de façon obsessionnelle en modulant correctement la lumière et l’exposition, tout cela peut être très enrichissant. Enfin je ne suis pas encore Andy Warhol. La photo ou l’art du Hasard.

Tellement difficile de ne pas tricher avec la vie, tous les chemins mènent à la lâcheté & à la fuite. C’est trop dur de conduire droit.

Il n’y a rien à faire, la joie et l’Idéal est indissociable du spleen. J’éviterais presque de me permettre d’être en joie pour ne pas redescendre. Dans ces moments là, on se répète la litanie du « combien de temps ça va durer, pourvu que ça dure » avec l’anxiété de la descente.

« Toute joie veut l’éternité » Nietzsche.

Tout est blanc. Je ne sais pas ce que je vais écrire.

Lucidité, lâche-moi ! Va voir ailleurs !

Statut de poète : En Grèce antique il y avait le poète, le guerrier et le prêtre tout en haut de la société. De nos jours les poètes sont des marginaux, certains travaillent, certains ne travaillent pas, certains sont enragés violents certains sont doux mais tous les vrais poètes décryptent les âmes et la société. Tous les poètes ont une cicatrice cachée parce qu’interne.

Je n’écris pas assez.

Mon PC portable a ressuscité j’écris donc à nouveau avec cette antiquité qui ne me sert que de traitement de texte.

Je suis totalement excessif et j’ai trop aimé les drogues pour en prendre à présent. J’ai toujours aimé ce qui modifie les états de conscience.

Je fais systématiquement perdurer les nuits.

Le jour je divague. Je suis pris. Je me capture à l’infinitif.

Je publie mon premier livre cette année. C’était totalement indispensable, les refus m’apparaissaient comme injustifiés et injustes. Cependant le monde de l’édition est chargé à bloc de copinage, c’est démentiel. Moi-même je suis édité grâce à Luc Dellisse.

J’imagine tous les Rimbaud qui sommeillent dans les faubourgs sans lecteurs.

Une découverte, une vraie rencontre : Norma de Bellini, mon sas vers le Bel Canto, que je n’aimais guère. J’ai plus de mal avec les opéras classiques. Voluptés mélodiques.

Coûte que coûte, il ne faut viser que l’équilibre et moi je l’ai trop méprisé, le trouvant toujours trop plat et ennuyeux. J’ai mis à mal mon équilibre psychique avec des adjuvants, enfin tout sortes de choses. C’est malin, littéralement.

J’ai raté ma vocation, la chimie, les molécules me fascinent, j’aurais du devenir chimiste et me travestir en savant fou.

Combien de fois ai-je pensé que la Musique avait changé ma vie ? Il y a eu ma rencontre avec Bach et puis Arvo Pärt et la musique vocale, un renversement. Arvo Pärt, c’est une grammaire du silence et de la contemplation. C’est une musique saine (Y a-t-il une musique malsaine ?) mais fortement tragique. Il donne le minimum pour nous enivrer et cela fonctionne parfaitement. C’est le diapason de l’apocalypse. C’est hypnotique. Ecoutez le « cantus in memoriam Benjamin Britten »

La musique a une existence propre, elle n’a pas besoin de nous pour exister.

C’est une logique affective.

C’est un territoire indépendant & libre. Elle n’a pas de limites.

Eternelle & sans frontières.

Lassitude d’être soi. De n’être qu’avec soi. En perpétuel face au miroir.

Les artistes n’ont qu’un seul public, un seul véritable auditoire, c’est eux-mêmes. Narcissisme profond donnant lieu à la création. Exhibitionnisme.

Il faut asseoir son équilibre sur des sécurités viables et fidèles. Sur des amitiés solides, sur des relations de confiance.

La lune de miel est terminée. Vient la lucidité, le lait noir aigre et indigeste qu’on avale de travers. La seule solution contre l’apathie c’est de guetter ardemment le ravissement esthétique, lire, musique, beaux-arts, s’enivrer jusqu’à la lie, c’est urgent, c’est total. Traquer l’émotion sans relâche, c’est un « full time job ».

Laura Carnero. Bideford 1990. Dernier contact en juillet 1995.

Et voila que je retrouve ses coordonnées grâce à internet. Vertiges. Elle est devenue procureur « procurador » toujours à La Coruna. Apparemment elle habite toujours le même appartement. Pourtant elle doit avoir 32 ans maintenant. Habiterait-elle chez ses parents ? Etrange.

Je lui ai envoyé un email il y a deux jours. Silence.

Si je n’ai pas de réponse demain j’appelle sur son cellulaire directement. Ça va être un sacré choc si je l’ai au bout du fil.10 ans d’absence, le trou noir.

J’ai eu une pensée éclair.

Tout ce désespoir provient du fait que je veux toujours aller plus loin, plus haut. Insatisfait caractériel. En vérité, je ne veux pas être bien. Je veux être mieux. Constamment soulagé. Le soulagement, tout est là, c’est sans doute le seul « plaisir » qui vaille.

Impression de disparaître, d’être transparent, il n’y avait que toi qui existait, je m’accroche à ton nom, à ton idéal mais je ne suis pas si sûr, enfin je veux dire moi aussi j’ai peur de mon passé, de ce que devient le passé, transformé en présent. Où va notre passé perdu ? « Question of lust »

« Without you, i’m nothing » , Placebo.

Et ce besoin d’être dépendant, addict. Fuck.

Je suis glacé d’effroi à l’idée d’appeler Laura. Si elle n’est pas disponible, etc…cela se passera lapidairement, sans émotion. J’aimerai qu’ elle réponde au mail. Vite.

J’ai la conscience cariée. Le moral carié. Trop de plomb dans la tête, les dents serrés. Je suis satellisé sur Saturne.

Je n’accroche plus, ça n’accroche plus, c’est trop étroit, c’est suranné.

Ne me demandez pas d’être un autre, je ne sais plus le faire. Trop donné.

Je vais me péter les dents tellement ma mâchoire est serrée.

Donnez-moi des faux billets, ça n’a aucune importance. Mais jamais de faux sentiments. Ça jamais.

J’aimerais recevoir de belles lettres, pleines d’affect et de voyages, loin loin d’ici.

Il ne faut pas que je décroche de la vie, non il faut rester sur terre tant que ça dure.

Tiens-toi debout, marche en silence et ne t’attend à rien, surtout.

J’ai parié sur l’imaginaire comme on parie au poker.

La vraie lumière, c’est le Noir. « La nuit aussi est un soleil » disait Nietzsche.

Je hante le soleil noir de Nerval.

Je n’ose pas appeler Laura, j’ai peur, c’est vrai, quinze ans de fantasmes qui peuvent s’effondrer en une poignée de secondes. L’effroi. Je ne pense pas qu’elle a lu mon mail.

Je n’arrive plus à rêvasser, à rêver diurne, à songer, je suis à sec. Combien de temps encore avec cette sécheresse.

Je veux une belle fête pour la sortie de mon livre, avec beaucoup d’alcool et d’amphétamines, des belles filles, de l’ivresse, du glamour et de l’amitié.

Rien que ça. Et seulement ça.

Une soirée à la Scarface.

Une soirée totalement POP.

Soir. Puissant désespoir. Puissant Spleen. L’idéal est bien loin.

L’humeur humaine aura toujours ses mystères et la pilule du bonheur n’existe pas. L’humeur n’est pas « isolable », on ne peut pas la quantifier, elle est fluctuante.

Il faut s’attacher à soi lorsqu’on est en forme et se dissocier quand on ne va pas bien.

Rien ne dure. Nous passons notre vie à oublier qui nous sommes qui nous fûmes

Le présent n’a jamais existé.

Je vais me faire mal. Ecouter Léo Ferré,

« le désespoir est une forme supérieure de la Critique ».

J’ai mal. Le temps est trop court. C’est trop serré, la porte est trop étroite.

Je tombe face à elle, la seule, la vierge

Je n’ai jamais rien possédé, tout allait trop vite, le temps fusait, lacrymal, ivre.

Toujours sans nouvelles de L. Existe t-elle

C’est dur la sobriété. C’est trop dur.

Je m’inonde d’un monde vaste et amical. Je…Je te cherche dans les anicroches

Quand je pense au Temps, l’angoisse me surprend, par derrière j’entends sa voix qui me murmure « tic tac », c’est affligeant.

La lucidité, l’ennemi public numéro un. Alcool, chimies en tout genre pour te chasser, salope.

Je mâche du noir, t’aimes la salade, toi ? Hein, la laitue ?

Ca y est j’ai avalé ta laitue. Cul sec.

J’ai enfin appelé sur le mobile de Laura, je l’ai eu, je flippais, ça s’est bien passé sauf qu’elle ne parle plus l’anglais donc j’ai du lui improviser en espagnol…

Il ne faut pas que je me laisse aller, dans tous les domaines, comme un radeau médusé.

Et tout a valsé dans un virage sémantique. Un malentendu.

Sortir sortir sortir Voir ce qu’il y a après accélérer, virer de bord aborder les passantes sans les saborder.

S’extirper !

épilogue

Je me tais
File au lit
Zut
Tais-toi !
J’attrape la hanche de l’armoire à glace
Elle se fend dans mon corps le silence la fracasse
Erreur sur l’identité
Je me regarde je prends peur
Les yeux flingués par le renvoi
Immobile je me noie dans cette chambre à coucher
Je respire de l’eau
J’ai des branchies en latex
100% Made in HONG-KONG
Garantie le long d’une vie
Abysses artificielles ciel minoré

Jadis j’ai existé

 

Litanie I

Christ, je te cherche
J’ai mal, Christ
Je ne sais pas te parler
Je ne peux te toucher Ô Christ
Mais je te sais présent
Présent et ouvert Christ
Présent et fraternel

Je cherche à sortir
Je cherche la nuit se drape contre nous Christ
Je suis dans l’intensité de ta voie
Je marche sur tes pas
Çhrist ça fait mal je te heurte trop longtemps la plaie
S’étire comme un sarment

Il faut écrire
Nous sommes nus
Nous sortons de la rosée
C’est presque un printemps
La Chair, c’était elle mon Père
Je t’ai aimé jusqu’à la croix
Je t’ai désiré l’aube n’avait pas pointé son axe
Sur la terre
Christ
Donne moi ta soif
J’épuiserai le vinaigre
Donne moi ton pain
En ville il y a la faim la grande famine aboie

J’ai crié
Ton nom a retenti
J’avais l’âge de la révolte
Christ c’était pour toi
Qu’enfin je te vive
En moi
La sainte ombre se déplace
Dans la robustesse du roc
Tu attires les masses

Me voilà.

G.Hoogveld 14 Mai 2005.

 

 

FLASH à Mahé Van Kemmelbeke

 

La folle aventure des pas perdus décide de mon avenir
J’ai le destin au bout de ma lyre
Crapahuté, rejeté en fond de cale j’aperçois une lame
Et son reflet me mime l’espoir des possibles
Messager des ombres j’agis comme une nuit enceinte
D’une lune maladroite et d’un soleil fiévreux

 

Assez d’être messager, poète du saisi et de l’instantané
Photographe du phantasme de la mort sur scène
Je suis dénudé par les propres mots
Que je mets au monde
La face blonde
Nico qui fait sa ronde
Morrisson à l’heure d’été

J’ai une trousse à pharmacie et une pompe à morphine
J’ai essayé tous les comprimés qui étaient sous la table
Le goût de déjà vu déjà vécu qui vient ici si affable
Je m’appelle Eternité j’ai le goût d’un vrai Champagne
Le mal de tête compris qui vient battre campagne

Je ne m’arrête plus je n’ai plus de terminus
Je ne m’arrête plus j’ai tous les âges Je suis une addition probable
Conscience qui l’est de tout je survole les péripéties neuronales

J’étais voyant j’étais sûr de moi je rêvais d’une poétesse

Une nouvelle ivresse

24-06-05

 

FIBRILLATION

Assagi soif de justice j’avale lames et mon regard s’arrête sur celui d’une femme mais trop tard la lame me fend le cœur j’ai honte hi han hi han je hennis de colère de rage je bouillis en trop que j’aimerais la rattraper lui dire que déjà je l’aime

Enfin quasiment
J’attends

L’aiguille est dans la veine
Le marteau-piqueur dans l’asphalte le marteau qui fait peur
La tête remontée au niveau zéro
Traçabilité du néant
J’écoute les valses des prothèses
Je capture la course au choc vibratoire le cœur détonateur
Terreur sur les grands boulevards

Jadis J’ai été
Et ça avait un sens

Trop de combien à écrire
La déraison prend ses quartiers de nuit
J’aimerais qu’elle soit là
Je ne sais si elle existe
J’aimerais qu’elle soit là
Je me demande si je persiste.

J’attends
J’attends les Autres
Partis en amitié à la campagne

Jadis J’ai été. C’était loin. C’était mon pays.

Solitude. Embruns.

 

Guillaume Hoogveld Juillet 2005.

 

CAVALE

Je mutile la carotide
Le cerveau n’est plus alimenté
Alors c’est la fin, c’est la fin ?
Oui mais la fin de quoi ?
Fin des interstices

J’attends d’être piqué
La seringue est en branle
Chassé l’air réveillée
L’ivresse se
Dresse
L’ivresse se
Tresse
Autour d’une aiguille souillée tordue
Maligne et sale
La fin du dédale

J’organise la sortie du bunker
A ma montre presque l’heure
La fin de cette sphère là

 

GH/Juillet 2005

 

chapitre quatre

Tout ce que je t’ai dit, oublie le

Je vais disparaître

Le fracas d’une balle

Tout ce que tu entendras

La faille d’une dalle

Tout ce que tu verras

Je serai passé par-là

Avec ma peur

Avec la lueur

D’un Dieu paresseux et fier

Tu n’as pas le droit de te taire

J’ai inventé un monde pour toi

Un monde sur mesure

Un monde à ta portée

Sois toujours ivre toujours surtout

N’oublie pas

Dans le creux de ta main

La petite croix qui te protégeait

La petite luciole qui te guidait

Tes invectives

Résonnent sur moi

Comme un boomerang

T’as tout essayé ?

Je crains le pire

Je me rapproche

Infect

Le café est froid réchauffé

Ça sent la désertion

La réalité qui recommence

Oui tu voulais les seules choses impossibles

Les choses qu’on ne peut prendre par la main

Comme une cerise

Oublie tout

On recommence

Tu n’es pas au monde

En espérant que tu te lèves

Je brûle le drapeau national

Le drapeau nanti

Je bois de l’eau de Vie

Ça n’a l’air de rien

C’est difficile c’est fort à avaler

Ma sœur où êtes-vous ?

Je perds mon poids se met à nu

J’ai éteins l’Impossible

Avec un détonateur surprise

Avoir assez d’affront pour écouter plusieurs sons à la fois, je suis tout permis. Je suis tout terrain. Tout m’est permis je suis un artiste. J’ai le droit de détruire, J’ai le droit de me détruire, c’est un acte manqué. Je vénère les ruines. Dresde 1945 capitale solaire.

Ce sentiment si fort si rare que tout est possible car tout est possible quand le cœur y est. Le cœur. Quand le cœur bat tout bat.

Croiser et semer le Réel, toujours la ligne sur l’horizon fatalement décalé.

Je tombe, tu guettes la chute, je suis en avant, je vis avant la seconde avant la minute avant l’heure qui tombe je suis Moderne avant l’heure je cisaille les contradictions de l’avenir.

Les dents serrés contre le mur, la mâchoire fixée, le regard oublié, j’évite le concassage de justesse, la pression est bien là.

J’ai tenté. Ça a marché. J’ai enfin touché l’amorce, le détonateur.

Implosion. Cadastre. Terrorisme. Sangs à la gueule. Armes à feu. Guerre. Spoliation. Imminence.

Un ami peuplier m’encourage depuis dix ans dans l’aventure poétique. A quand l’ami glaïeul, mélèze, hêtre ? Toute la flore réunis dans un texte en bitume armé.

Le marronnier je préfère éviter, ça gratte.

C’est trop noir ce que j’écris. Putain je n’arrive pas à écrire des choses tendres et gaies, enfin j’ai du mal. Je me libère de ma part d’ombre en écrivant mais je récuse le terme et la fonction « thérapeutique » de l’écriture. Le doute le doute vire au procédé j’ai trois dimensions abyssales d’écriture je remet ma propre plume en question à chaque fois que je frappe sur le clavier je détruis et je reconstruis alors la thérapie passe a coté de moi.

Ecrire c’est un Trip, un voyage vers un inconnu, nous sommes quasi-aveugles, l’expérience est déséquilibrante. Je parle d’Art, pas de commerce.

Je suis une pellicule photo et j’absorbe, j’absorbe, j’absorbe…ça imprime…ça impressionne…

Parfois je dégorge…

Hier c’était hier je jouais à changer l’écoulement des heures je permutais, je troquais des minutes contre des tonnes de secondes heureuses il est venu le temps où l’on peut se payer du bonheur c’est vrai c’est bon mais il y a un lendemain qui fracasse jusqu’à l’intime, au cœur.

Et mon cœur qui oublie de battre par paresse : Hier j’ai du appuyer sur mon pacemaker pour que ma vie se poursuive.

Hier je crois, j’ai été heureux. Court. Tendu. Au-dessus des cigognes. Mais sauvé, en paix.

Hier, nous avons beaucoup bu, beaucoup gobé. Fumé des cigarettes blondes qui charrièrent leurs miasmes dans les coins isolés des murs, où se réfugient les dingues et les paumés de la nuit.

Eclipse furtive

J’entends ta sueur

Je grignote encore encore un peu d’hier je triche mais je paie pour cela.

Cher.

Je referme le livre du temps. A moi de redescendre dans la ronde dans l’arène.

Reprendre mon rôle dans l’arène.

Totalement engourdi narcotique sommeil je perds pieds joints à l’unissons je rejette un regard narquois qui vise à me déstabiliser, la bête est féroce, il y aura du sang rouge à souhait mais pas de regrets j’aime

A te voir on dirait que tu rentres d’une nuit illimitée où tu traînais borderline

J’en veux toujours plus, toujours trop, toujours mieux.

En fin de compte, tout est une question d’échelle. Il faut avoir souffert pour goûter à la joie, à la paix. Il faut aller chercher cette paix après tant de routes sinueuses.

Le bonheur est contraste.

Le mieux est définitivement l’ennemi du Bien.

Ma santé se cabre. Il faut aller au bout, au bout de la sensation, on n’ a pas le choix.

Ce qui fait souffrir, le désir bien sûr. Sans désir pas de créativité. Imaginez un monde sans artistes. Un monde purement utilitaire. Charmant, non ?

Tout ce que j’ai fait dans l’écriture, tout ce que j’ai voulu, c’est aller vers l’extérieur, communiquer, rencontrer l’Autre.

Comme si j’avais peur de le rencontrer dans la réalité.

Je n’ai cherché qu’à me justifier de tout.

La réalité elle se crashe sur moi chaque jour et j’ai du mal à me ramasser. Que voulez-vous je suis tombé du paradis sans parachute. Et sans le mode d’emploi de la Vie.

Tout est un foutoir de toute façon. Le Chaos est devenu une théorie éminente.

Il me faut du contraste, je cherche le contraste…tout est trop atone, du nerf, de la nervure, du jus ! Des niveaux de couleurs la télé

Le ciel est fractionné fragmenté dessiné par un terrien brouillon hasardeux

La nuit était tombée. On cherchait à l’apprivoiser afin de la toucher. Toucher la nuit c’est distiller un rêve, disséminer des étoiles. C’est pointu, sophistiqué.

La tête déguisée par les étoiles.

Chercher la joie c’est errer dans sa propre brume. Ne cherche pas oublie endors-toi elle viendra

Je n’aimais que la nuit je festoyais d’ennui

Désormais c’est le matin que je guette la Vie : « la promesse de l’aube ».

J’aime les traces marques les tags du monde

Je n’aime que ça en fait

Des pas de vie en trop surexposent mes photos.

J’ai raté la prise. L’appât était trop faible.

Ma mâchoire va céder c’est très trop serré

Avoir une écriture racée en jouant avec des lames de rasoir, lacérer le quotidien, lui donner sa griffe.

Te dire

T’épeler chaque mot avec un caillou dans la bouche

Un caillou dans la poche

Pour ne pas perdre sa langue

Tu fermes la journée

Il fait soleil

Soleil de nuits

Un étranger frappe à la porte

Un étranger sans brise

Seul et sans papier

Sans accent

Sans mémoire

Identité floue

Il a un nom qui s’est perdu dans les fugues

Et tous les moments magiques qui s’évaporent pour tomber dans l’ennui

La claque

Si l’ivresse diminue ou disparaît, t’es mal, embouti. Il faut de l’ivresse pour porter le jour. Sous n’importe quelle forme sois ivre.

L’ivresse donne du sens à tes mouvements

L’ivresse liquide le Temps

L’ivresse est prophétique et ouvre toutes les portes

L’ivresse donne l’Impossible à portée de main

L’ivresse,

C’est ta chance.

Pas de quartier pour le quotidien !

« Il ne suffit pas de penser, il faut sentir son destin »

Unamuno.

Je rentre dans une pharmacie, il y en a beaucoup en France, dans toutes les rues en fait je rentre et je ne sais pas quoi acheter quel médicament ingérer pour ma neurasthénie chronique.

Toutes ces molécules ont un Destin.

Un grand poète n’écrit qu’un seul poème. Une unique, une irremplaçable œuvre faite de chair et d’esprit.

Courte mais très affûtée.

Tout est grâce. Tout est grâce.

Les objets rassurent mais nous possèdent. Que faire ?

J’habite sur Internet, au cœur de la fibre. Je suis une synapse du réseau mondial. J’habite à une frontière qui n’a pas de limites.

La limite de la pensée, c’est la limite du corps. Maudite incarnation.

La pensée ne fait que courir après le corps. Un retard difficile à combler.

L’esprit n’a pas été achevé.

Le mauvais quart d’heure de la Vie et ses moments divins

Je cherche des points d’appui, je cherche à me faire rassurer, à me faire dire que j’existe bel et bien, sujet libre et autonome. Vertiges de la Liberté.

On construit, on bâtit c’est bien, mais on ne détruit pas assez.

Pourtant détruire à de l’avenir.

On ne projette pas sur l’imaginaire, finalement.

On projette sur ses actions. La pensée heureuse, l’espoir ne se fait qu’au prix de nos efforts, au cœur de la vie, souvent « quotidienne ».

Trouver de l’ivresse dans la vie quotidienne. C’est le défi.

La chasse aux sécurités, la recherche d’une structure où s’articuler, pour ne pas dire s’ épanouir.

J’ai oublié mon corps sur le porte-manteaux.

Tout s’échappe, tout fuit, il y a voie d’eau dans la cale, je perds mes mots, mon passé, mon enfance. Tout est transformé, la ligne de fuite est allongée.

La fête est finie, la défaite proclamée, cessé le feu j’observe les structures du nouveau pouvoir la démocratie en peau de chagrin

Chagrin prédicat invalide

Chagrin équation non résolue

L’impossible est bien à l’heure

J’ai changé j’aime

Fiction rien n’a existé derrière les masques

Derrière les apparences il y a

Rien

Mon petit frère, c’est mon grand frère. Absolument.

Je suis en surface, là.

Je ne suis pas au monde si le plaisir ne vient pas.

Definitively not.

Contraste niveaux de gris le ciel menace mon humeur

Labile j’oublie d’être bien

Tout se passe

Calciné de la vie

C’est décidé, je vais rejoindre Rimbaud en Abyssinie

Sur-le-champ j’embarque en soute à Marseille

A bord des mercenaires me racontent leurs épiques trajets

Je referme 29 ans mon occident à moi

A moi l’orient le luxe le velours l’encens la myrrhe

Et la soie.

Mourir seul et lointain c’est perdre son éternité

mort lunaire esseulée

satellite

les dieux sont descendus

upside down

La pensée a un sacré retard sur le corps.

Comment te dire 

Comment te dire ce que j’ai oublié de te dire

Le jour de notre mariage

Enfin j’ai dit quelquechose

A l’église

Qui n’était pas au diapason de mon for intérieur

L’orgue non plus

notes biaisées déviance

un demi-ton au-dessus de la fureur

impalpable

voilà

je ne t’aime pas

depuis le début

Tout ce manège c’était pour meubler ma vie

J’ai épousé une étiquette si ce n’est un code-barre social

C’est une chambre. Assez petite. Fendue. Une chambre de bonne femme demeuré par un mec.

Impeccable, exquise, cosy.

Une chambre pour pouvoir rentrer chez soi après exposition à la foule

Une chambre pour avant

Une chambre pour après

Rarement pour l’instant décalage du moment

Une chambre pour les autres

Une chambre pour l’amour

Une chambre pour écrire la vie qui n’est pas dans la chambre

Une chambre pour décrire avec poigne la vie qui imagine

Rêver l’autre

Fictions tombées sur mon moniteur à cristaux liquides

Inspiration

Dieu dans ma chambre

Expiration

Les muses sont passées par ma chambre

Je ne les ai pas touchées

Juré

J’ai touché l’Azur

Mur contre mur

30 m² de frénésie

beaucoup de pensées

beaucoup de caprices

beaucoup d’idées

Lieu de la matrice

Dans ma chambre

Il n’y a que toi que je visite.

Dans ma chambre

Il n’y a que toi qui existe.

J’ai découvert Tosca de Puccini interprété par Callas, c’est un drame furieux et frénétique qui déverse une ivresse, une volupté vocale et orchestrale phénoménale.

Les mots ont une limite que la musique relaie. Il faut taire ce qu’on ne peut décrire avec le langage. La musique donne du sens à l’action, son message s’adresse à la subtile partie de l’Ame qui provient d’un autre ordre, référent, d’un autre univers, peut-être ce paradis dont nous sommes tombés ou une autre vie vécue dans un espace parallèle.

« La vie sans musique n’est qu’une erreur, une besogne éreintante, un exil » dixit Nietzsche.

chapitre trois

Tout ce que je t’ai dit, oublie le

Je vais disparaître

Le fracas d’une balle

Tout ce que tu entendras

La faille d’une dalle

Tout ce que tu verras

Je serai passé par-là

Avec ma peur

Avec la lueur

D’un Dieu paresseux et fier

Tu n’as pas le droit de te taire

J’ai inventé un monde pour toi

Un monde sur mesure

Un monde à ta portée

Sois toujours ivre toujours surtout

N’oublie pas

Dans le creux de ta main

La petite croix qui te protégeait

La petite luciole qui te guidait

Tes invectives

Résonnent sur moi

Comme un boomerang

T’as tout essayé ?

Je crains le pire

Je me rapproche

Infect

Le café est froid réchauffé

Ça sent la désertion

La réalité qui recommence

Oui tu voulais les seules choses impossibles

Les choses qu’on ne peut prendre par la main

Comme une cerise

Oublie tout

On recommence

Tu n’es pas au monde

En espérant que tu te lèves

Je brûle le drapeau national

Le drapeau nanti

Je bois de l’eau de Vie

Ça n’a l’air de rien

C’est difficile c’est fort à avaler

Ma sœur où êtes-vous ?

Je perds mon poids se met à nu

J’ai éteins l’Impossible

Avec un détonateur surprise

Avoir assez d’affront pour écouter plusieurs sons à la fois, je suis tout permis. Je suis tout terrain. Tout m’est permis je suis un artiste. J’ai le droit de détruire, J’ai le droit de me détruire, c’est un acte manqué. Je vénère les ruines. Dresde 1945 capitale solaire.

Ce sentiment si fort si rare que tout est possible car tout est possible quand le cœur y est. Le cœur. Quand le cœur bat tout bat.

Croiser et semer le Réel, toujours la ligne sur l’horizon fatalement décalé.

Je tombe, tu guettes la chute, je suis en avant, je vis avant la seconde avant la minute avant l’heure qui tombe je suis Moderne avant l’heure je cisaille les contradictions de l’avenir.

Les dents serrés contre le mur, la mâchoire fixée, le regard oublié, j’évite le concassage de justesse, la pression est bien là.

J’ai tenté. Ça a marché. J’ai enfin touché l’amorce, le détonateur.

Implosion. Cadastre. Terrorisme. Sangs à la gueule. Armes à feu. Guerre. Spoliation. Imminence.

Un ami peuplier m’encourage depuis dix ans dans l’aventure poétique. A quand l’ami glaïeul, mélèze, hêtre ? Toute la flore réunis dans un texte en bitume armé.

Le marronnier je préfère éviter, ça gratte.

C’est trop noir ce que j’écris. Putain je n’arrive pas à écrire des choses tendres et gaies, enfin j’ai du mal. Je me libère de ma part d’ombre en écrivant mais je récuse le terme et la fonction « thérapeutique » de l’écriture. Le doute le doute vire au procédé j’ai trois dimensions abyssales d’écriture je remet ma propre plume en question à chaque fois que je frappe sur le clavier je détruis et je reconstruis alors la thérapie passe a coté de moi.

Ecrire c’est un Trip, un voyage vers un inconnu, nous sommes quasi-aveugles, l’expérience est déséquilibrante. Je parle d’Art, pas de commerce.

Je suis une pellicule photo et j’absorbe, j’absorbe, j’absorbe…ça imprime…ça impressionne…

Parfois je dégorge…

Hier c’était hier je jouais à changer l’écoulement des heures je permutais, je troquais des minutes contre des tonnes de secondes heureuses il est venu le temps où l’on peut se payer du bonheur c’est vrai c’est bon mais il y a un lendemain qui fracasse jusqu’à l’intime, au cœur.

Et mon cœur qui oublie de battre par paresse : Hier j’ai du appuyer sur mon pacemaker pour que ma vie se poursuive.

Hier je crois, j’ai été heureux. Court. Tendu. Au-dessus des cigognes. Mais sauvé, en paix.

Hier, nous avons beaucoup bu, beaucoup gobé. Fumé des cigarettes blondes qui charrièrent leurs miasmes dans les coins isolés des murs, où se réfugient les dingues et les paumés de la nuit.

Eclipse furtive

J’entends ta sueur

Je grignote encore encore un peu d’hier je triche mais je paie pour cela.

Cher.

Je referme le livre du temps. A moi de redescendre dans la ronde dans l’arène.

Reprendre mon rôle dans l’arène.

Totalement engourdi narcotique sommeil je perds pieds joints à l’unissons je rejette un regard narquois qui vise à me déstabiliser, la bête est féroce, il y aura du sang rouge à souhait mais pas de regrets j’aime

A te voir on dirait que tu rentres d’une nuit illimitée où tu traînais borderline

J’en veux toujours plus, toujours trop, toujours mieux.

En fin de compte, tout est une question d’échelle. Il faut avoir souffert pour goûter à la joie, à la paix. Il faut aller chercher cette paix après tant de routes sinueuses.

Le bonheur est contraste.

Le mieux est définitivement l’ennemi du Bien.

Ma santé se cabre. Il faut aller au bout, au bout de la sensation, on n’ a pas le choix.

Ce qui fait souffrir, le désir bien sûr. Sans désir pas de créativité. Imaginez un monde sans artistes. Un monde purement utilitaire. Charmant, non ?

Tout ce que j’ai fait dans l’écriture, tout ce que j’ai voulu, c’est aller vers l’extérieur, communiquer, rencontrer l’Autre.

Comme si j’avais peur de le rencontrer dans la réalité.

Je n’ai cherché qu’à me justifier de tout.

La réalité elle se crashe sur moi chaque jour et j’ai du mal à me ramasser. Que voulez-vous je suis tombé du paradis sans parachute. Et sans le mode d’emploi de la Vie.

Tout est un foutoir de toute façon. Le Chaos est devenu une théorie éminente.

Il me faut du contraste, je cherche le contraste…tout est trop atone, du nerf, de la nervure, du jus ! Des niveaux de couleurs la télé

Le ciel est fractionné fragmenté dessiné par un terrien brouillon hasardeux

La nuit était tombée. On cherchait à l’apprivoiser afin de la toucher. Toucher la nuit c’est distiller un rêve, disséminer des étoiles. C’est pointu, sophistiqué.

La tête déguisée par les étoiles.

Chercher la joie c’est errer dans sa propre brume. Ne cherche pas oublie endors-toi elle viendra

Je n’aimais que la nuit je festoyais d’ennui

Désormais c’est le matin que je guette la Vie : « la promesse de l’aube ».

J’aime les traces marques les tags du monde

Je n’aime que ça en fait

Des pas de vie en trop surexposent mes photos.

J’ai raté la prise. L’appât était trop faible.

Ma mâchoire va céder c’est très trop serré

Avoir une écriture racée en jouant avec des lames de rasoir, lacérer le quotidien, lui donner sa griffe.

Te dire

T’épeler chaque mot avec un caillou dans la bouche

Un caillou dans la poche

Pour ne pas perdre sa langue

Tu fermes la journée

Il fait soleil

Soleil de nuits

Un étranger frappe à la porte

Un étranger sans brise

Seul et sans papier

Sans accent

Sans mémoire

Identité floue

Il a un nom qui s’est perdu dans les fugues

Et tous les moments magiques qui s’évaporent pour tomber dans l’ennui

La claque

Si l’ivresse diminue ou disparaît, t’es mal, embouti. Il faut de l’ivresse pour porter le jour. Sous n’importe quelle forme sois ivre.

L’ivresse donne du sens à tes mouvements

L’ivresse liquide le Temps

L’ivresse est prophétique et ouvre toutes les portes

L’ivresse donne l’Impossible à portée de main

L’ivresse,

C’est ta chance.

Pas de quartier pour le quotidien !

« Il ne suffit pas de penser, il faut sentir son destin »

Unamuno.

Je rentre dans une pharmacie, il y en a beaucoup en France, dans toutes les rues en fait je rentre et je ne sais pas quoi acheter quel médicament ingérer pour ma neurasthénie chronique.

Toutes ces molécules ont un Destin.

Un grand poète n’écrit qu’un seul poème. Une unique, une irremplaçable œuvre faite de chair et d’esprit.

Courte mais très affûtée.

Tout est grâce. Tout est grâce.

Les objets rassurent mais nous possèdent. Que faire ?

J’habite sur Internet, au cœur de la fibre. Je suis une synapse du réseau mondial. J’habite à une frontière qui n’a pas de limites.

La limite de la pensée, c’est la limite du corps. Maudite incarnation.

La pensée ne fait que courir après le corps. Un retard difficile à combler.

L’esprit n’a pas été achevé.

Le mauvais quart d’heure de la Vie et ses moments divins

Je cherche des points d’appui, je cherche à me faire rassurer, à me faire dire que j’existe bel et bien, sujet libre et autonome. Vertiges de la Liberté.

On construit, on bâtit c’est bien, mais on ne détruit pas assez.

Pourtant détruire à de l’avenir.

On ne projette pas sur l’imaginaire, finalement.

On projette sur ses actions. La pensée heureuse, l’espoir ne se fait qu’au prix de nos efforts, au cœur de la vie, souvent « quotidienne ».

Trouver de l’ivresse dans la vie quotidienne. C’est le défi.

La chasse aux sécurités, la recherche d’une structure où s’articuler, pour ne pas dire s’ épanouir.

J’ai oublié mon corps sur le porte-manteaux.

Tout s’échappe, tout fuit, il y a voie d’eau dans la cale, je perds mes mots, mon passé, mon enfance. Tout est transformé, la ligne de fuite est allongée.

La fête est finie, la défaite proclamée, cessé le feu j’observe les structures du nouveau pouvoir la démocratie en peau de chagrin

Chagrin prédicat invalide

Chagrin équation non résolue

L’impossible est bien à l’heure

J’ai changé j’aime

Fiction rien n’a existé derrière les masques

Derrière les apparences il y a

Rien

Mon petit frère, c’est mon grand frère. Absolument.

Je suis en surface, là.

Je ne suis pas au monde si le plaisir ne vient pas.

Definitively not.

Contraste niveaux de gris le ciel menace mon humeur

Labile j’oublie d’être bien

Tout se passe

Calciné de la vie

C’est décidé, je vais rejoindre Rimbaud en Abyssinie

Sur-le-champ j’embarque en soute à Marseille

A bord des mercenaires me racontent leurs épiques trajets

Je referme 29 ans mon occident à moi

A moi l’orient le luxe le velours l’encens la myrrhe

Et la soie.

Mourir seul et lointain c’est perdre son éternité

mort lunaire esseulée

satellite

les dieux sont descendus

upside down

La pensée a un sacré retard sur le corps.

Comment te dire 

Comment te dire ce que j’ai oublié de te dire

Le jour de notre mariage

Enfin j’ai dit quelquechose

A l’église

Qui n’était pas au diapason de mon for intérieur

L’orgue non plus

notes biaisées déviance

un demi-ton au-dessus de la fureur

impalpable

voilà

je ne t’aime pas

depuis le début

Tout ce manège c’était pour meubler ma vie

J’ai épousé une étiquette si ce n’est un code-barre social

C’est une chambre. Assez petite. Fendue. Une chambre de bonne femme demeuré par un mec.

Impeccable, exquise, cosy.

Une chambre pour pouvoir rentrer chez soi après exposition à la foule

Une chambre pour avant

Une chambre pour après

Rarement pour l’instant décalage du moment

Une chambre pour les autres

Une chambre pour l’amour

Une chambre pour écrire la vie qui n’est pas dans la chambre

Une chambre pour décrire avec poigne la vie qui imagine

Rêver l’autre

Fictions tombées sur mon moniteur à cristaux liquides

Inspiration

Dieu dans ma chambre

Expiration

Les muses sont passées par ma chambre

Je ne les ai pas touchées

Juré

J’ai touché l’Azur

Mur contre mur

30 m² de frénésie

beaucoup de pensées

beaucoup de caprices

beaucoup d’idées

Lieu de la matrice

Dans ma chambre

Il n’y a que toi que je visite.

Dans ma chambre

Il n’y a que toi qui existe.

J’ai découvert Tosca de Puccini interprété par Callas, c’est un drame furieux et frénétique qui déverse une ivresse, une volupté vocale et orchestrale phénoménale.

Les mots ont une limite que la musique relaie. Il faut taire ce qu’on ne peut décrire avec le langage. La musique donne du sens à l’action, son message s’adresse à la subtile partie de l’Ame qui provient d’un autre ordre, référent, d’un autre univers, peut-être ce paradis dont nous sommes tombés ou une autre vie vécue dans un espace parallèle.

« La vie sans musique n’est qu’une erreur, une besogne éreintante, un exil » dixit Nietzsche.

chapitre deux

Tout peut m’arriver tout peut m’arriver… !

Je suis acculé.
Je dois liquider mon aboulie.

Je m’amuse avec une seringue hypodermique
Je fais quelques prises de sang sur une zone délicate
Ça me plait les vases communicants

J’ai un terrain vague à l’âme et ça me travaille

Je suis fou je suis fou je suis les filles dans la rue
Jusqu’aux croisements cruciaux

Ça fait mal, Hein ? ça lance, non ?

Hier j’ai vu j’ai vu

Là je perd mes maux le poison est absorbé digéré liquéfié

Je me roule dans le sang qui sèche j’ai le droit

Après tout c’est mon sang

Le soulagement. Il n’y a que le soulagement qui compte. Toutes les autres formes de plaisir sont facétieuses, superflues. Hop, une ampoule de morphine !

On ne réalise pas le « bonheur », on ne le vit pas, il passe en effaçant le présent, les moments divins ne sont que fugues. Le présent n’a jamais existé.
Pas pour nous.

Il faudrait viser l’équilibre mais je ne fais que m’en écarter. Je vise l’excès, la démesure, la débauche, la flambe. Plus grave et sérieusement je vis le Mal.

Pourquoi ?

Gâchis parmentier. Mon met d’excellence.

Je me souviens d’un aphorisme de William Blake : « les chemins de l’excès mènent aux palais de la Connaissance. » Cela rejoint la pensée de Bataille sur ce qu’il appelait « la part maudite », l’art du sacrifice, de l’offrande.

Plus tu écriras, et sans adjuvants je précise, plus ta langue devrait se dessiner, s’aiguiser et trancher comme une lame. Trouve une mythologie profane.

J’aime détruire. Je suis fasciné par les ruines. J’ai besoin de ça. Je n’étais pas là au commencement, mais je compte bien participer au crépuscule des hommes.

Finalement, qu’est-ce qu’on raconte ? Quel est l’intrigue dans mes mots, y-a-t-il une énigme émotionnelle, plutôt qu’intellectuelle ?

J’ai vu comme personne la journée passer se dérouler comme un tapis rouge, là, allongé sur l’herbe, j’ai vu les nuages s’émouvoir auprès du soleil, j’ai vu l’arc-en-ciel roucouler près des éclairs, j’ai vu cette journée, le temps perdait sa densité, on remplaçait la plume par le plomb, en suspens, là, vous qui ne pouvez pas voir !

Silence mail. Je suis perplexe.
Et toujours la blanche feuille digitale

Allonge son vide face à mes yeux cristal

Silence mail, mon verre se brise au creux de mes mains

Du sang, encore.

Pourquoi tout ce blanc, autour c’est le noir mystère, ici il y a de la lumière mais pas un mot, c’est à moi de dire, c’est à moi d’écrire, de combler l’avarie.

La littérature a horreur du vide.

J’emmerde Internet. Solitude je remonte les fuseaux horaires pour te voir, pour te rattraper, mais où vont toutes ces heures perdues sinon rien à perdre sauf l’Autre, Toi, enfin je te retrouve changé mais la même.
Je suis venu te ramener à la maison.

Je ne crois pas avoir vécu depuis l’enfance.

Cioran, l’empereur de l’aphorisme. Celui-ci me foudroie de beauté et d’émotion :

« Je donnerais tous les paysages du monde pour celui de mon enfance. »

je suis allé au cimetière aujourd’hui, voir K., un vieil ami suicidé de la société, un ancien compère du vice des stupéfiants. Il n’a pas de pierre tombale.

Je l’aimais et c’est peut-être pour cela que je l’ai oublié, qu’il ne hante plus mes limbes ni mes songes.

Je n’ai pas de photos de lui sauf dans mon cortex où se déroule le film de sa pute de vie.

Taux maximum de névroses sur l’échelle de Richter. Saturation. Implosion. Explosion. Dopamine inondant la synapse.

Je vois la photo de mon frère à Milan, tiré en format A4, les lois du hasard l’ont saisi dans une pose de Dieu grec, cigarette à la main. J’aime cette photo. Elle est Glamour, en fait.

Elle me comble.

Je faisais de la photo argentique pendant mes études. J’avais un petit labo dans un cagibi. Ça m’a donné le goût de la « mise en scène fixe », j’ai si peur du temps qui passe que j’ai toujours un petit appareil sur moi pour saisir le Temps, l’attraper, me l’approprier, en jouir. C’est la piètre revanche du mélancolique. Et puis je n’ai rien inventé, à part quelques poèmes.

Je regarde mon frère, il est grand, je suis fier de lui. Il est grand. Il travaille à Milan, où les femmes sont belles et sophistiquées.

Projection.

La poésie et l’imaginaire c’est tout ce que j’ai trouvé pour lutter contre la sécheresse de l’existence : cette absence de plaisir et d’amour, insupportable.

J’arrache les peaux mortes de la stratification

Je passe sous une échelle je souris un aveugle me tend les bras

Je mords à la faune éclectique du forum des Halles

Je me nourris à l’abreuvoir public j’ai soif de civisme

Je tourne le dos à une poignée d’année d’espoirs

Et si j’avais cru pour rien ?

Toujours pas d’email de L.

Le passé ne reviendra pas cloué au sol par des croque-morts éclopés
Un passé qui a le trait des ombres

J’ai tardé sur la route
Ça ne fonctionnait pas
Mes jambes me harassaient
Comme une écume amère
Elles tombaient à terre

Tu sais quoi ?
j’ai aimé un pantin
j’ai la gueule de bois
Donne-moi ton aspirine

Lundi panique
Le week-end a duré dix ans
J’ai perdu le sens de l’effort
J’ai trouvé des mots qui font du tort
Echoué sur un site porno de l’Internet
De l’amiante cousu sur mes bronches
Je cherchais la vérité du sexe
Et Je n’ai vu que des contrefaçons
Travestis respirant le malaise
Identités en détresse

Comme un mal de dent
Comme un mal de tête Un mal de fête la défaite
Ça lance le jour et la nuit

Le passé est un manège
Entre hier et demain
Qui brasse les miasmes de nos naufrages affectifs

Je procède par élimination. J’efface tous les monuments. Le pont-neuf d’abord, la tour Eiffel ensuite j’annule tout ça me gène, m’irrite, j’ai le droit non ?

Paris brûle t – il ?

Je n’ai pas été heureux depuis… ? Là, j’ai un sentiment de vide, le trou noir mémoriel.

Eu MME S. au téléphone. Ça n’a l’air de rien, mais ça représente beaucoup, cette femme compte. J’espère qu’elle pourra venir rue Racine.

L’affaire L. : qu’on touche à mon présent, je m’incline mais qu’on veuille saboter mon passé et son imaginaire, je ne pourrai jamais l’accepter, impossible. Seul les Dieux détruisent les mythes.

Attentat sur la ligne express Présent-Passé

Saturation d’émotion à l’écoute d’une cantate de BACH BWV 21, ravissement esthétique et mystique. La vie devient solaire enfin.

La lucidité. Lucide…Lumière, luminescent. Cicatrice permanente lestée au plomb.

A fuir dans toutes les ivresses au risque d’y laisser sa peau ne pas rester seul face à elle, trouver un subterfuge, voire une arnaque, la leurrer, la mettre en demeure, la gager au jeu…

Là bas, j’irai planter un arbre avant la pluie. En silence. Grave.

Dur, très dur, abattement. Samedi soir très seul. Lucidité d’insomniaque. Regrets.
Comme la vie peut et sait nous briser. Ce que je vis, c’est une immense et océane déception sentimentale et imaginaire, l’affaire L ou la déception onirique.

Je crois que je suis fou.

Avec une arme à feu je tiens 24 heures. Il n’y a pas une minute de plus entre moi et le canon.

Il faut que j’arrive à me désincarcérer.

Oubli.

Je vais tomber. Erigé.

Aboulie infecte.

J’ai laissé passer les Choses de la Vie. Je ne suis pas intervenu.

Je suis décroché du mur de mon salon.
Je passe à la salle à manger je n’ai pas faim j’ai trop oublié j’ai trop saccagé mon appétit

Les images sont sages.

Le temps qui passe, ça me trépasse. facile, je vous le concède…

Il n’y a pas d’ivresse dans la réalité, il faut aller la chercher ailleurs et là ça coince. Dyonisos n’a pas pignon sur rue.

J’ai la barbe de mille jours. Je suis un porc épique.

Fiction d’images. Fulgurances de visions en rafale. Je ne veux plus jamais espérer, basta. Il fait froid jusque dans mes cordes vocales.

Je veux rêver désespéré, lucide. Assez des films de Lelouch. Le glamour n’existe pas, c’est un mythe des publicitaires si tant est qu’un publicitaire crée des mythes. Le glamour, c’est toujours les autres, jamais soi.

Quelqu’un m’a parlé aujourd’hui.

L’agilité d’esprit, très important, dans les affaires comme avec les femmes.

A chaque instant

Ce que je n’arrive pas à écrire, je le tue.

La fête totale a-t-elle existé ?

Je donnerai ma vie entière en échange d’une année de complète et saturée intensité, de gloire, d’accomplissement, de flambe, de séduction ; heure après heure, une fête sans gueule de bois. Du feu, du feu, du feu, de l’oxygène, de l’air et puis du champagne surexcité.

La photographie, sublime objet de ravissement.

Ce qui compte, en fait, c’est la Vie. Les choses de la Vie, les mots, le monde du langage.

« Le cynisme c’est connaître le prix de tout et la valeur de rien. »

Wilde.

Celui qui n’aime pas le langage ne peut aimer la Vie, celui qui n’a pas de langage n’est pas au monde. Il zone sur un terrain-vague.

Gainsbarre est mort de partout à la fois. Il a eu plusieurs morts. En même temps.

Le passé, c’est une autre vie. Je crois que c’est Nietzsche qui disait que l’homme doit vivre dans l’oubli pour sa survie. Animaux oublieux.

Je plane je plane je ne suis pas dans la réalité comment faire deux nuits blanches l’euphorie est retombée

Le MP3 ou le déluge, l’orgie de musiques, juke-box sans limites, boulimie de sons, zapping et inconséquences au quotidien. De quoi alimenter « la haine de la musique » de Pascal Quignard.

J’ai envie de tirer ma révérence après le livre. Erreur sur la brise.

La fatigue d’être soi, entiendes ?

Je suis sec. Le puits est vide. La faille profonde. Le danger immédiat incessant.

Tout est transformé.

Urgence.

Le manteau noir du soleil est se projette sur ma tempe. Il frappe à ma porte.

Sensation inconnue marchant au pas. On se débat dans les interstices, il faut équilibrer les niveaux, mettre de l’huile entre les gonds qui ont le pli du Mal.

J’ai des images qui s’entêtent. Qui viennent s’écraser, s’emboutir.

Crash-test facial je me regarde dans le verre brisé je ressemble à mon idéal

Confiance dans les sillons de mon visage

Visage qui dévisage l’Idéal
Je sursaute en sursis
Ruiné par la vie mon portrait s’annule
Le portrait de Dorian Gray sous une couche de pixels

J’ai des images qui s’altèrent qui se tordent
Véhiculées

Le regard est électrique

La phase et le neutre se tendent

La tension fuit court-circuitée

Il faut faire quelquechose avec les mots.

« Qu’est-ce que tu deviens ? », Question qui me décompose.
Devenir chaque jour alors ?

Il en reste ?
J’en ai encore ? Dis-moi.
J’en ai besoin pas envie

Je crise cardiaque.

J’ai de la haine contre mon époque. J’ai envie de la massacrer. De lacérer l’écran de ma télé où trône le dernier tronc.

Si peu d’Amour pour tellement d’envie. On ne peut pas tout sublimer. Les limites du symbolique.

Espoirs furtifs détalant comme des lièvres.

Mélancolie maligne je tente de sortir par la fenêtre la porte est condamnée
Déviation

J’ai cherché
Rien dans ma besace
Qu-est-ce que je cherche ?

C’était trop bon. Je paie.

Ça va toi ?
Oui ça va et toi
Moi ça va mais toi ?
Quand j’y pense ça va moins bien

Ça ira quand même ou j’appelle le SAMU ?