chapitre quatre

Tout ce que je t’ai dit, oublie le

Je vais disparaître

Le fracas d’une balle

Tout ce que tu entendras

La faille d’une dalle

Tout ce que tu verras

Je serai passé par-là

Avec ma peur

Avec la lueur

D’un Dieu paresseux et fier

Tu n’as pas le droit de te taire

J’ai inventé un monde pour toi

Un monde sur mesure

Un monde à ta portée

Sois toujours ivre toujours surtout

N’oublie pas

Dans le creux de ta main

La petite croix qui te protégeait

La petite luciole qui te guidait

Tes invectives

Résonnent sur moi

Comme un boomerang

T’as tout essayé ?

Je crains le pire

Je me rapproche

Infect

Le café est froid réchauffé

Ça sent la désertion

La réalité qui recommence

Oui tu voulais les seules choses impossibles

Les choses qu’on ne peut prendre par la main

Comme une cerise

Oublie tout

On recommence

Tu n’es pas au monde

En espérant que tu te lèves

Je brûle le drapeau national

Le drapeau nanti

Je bois de l’eau de Vie

Ça n’a l’air de rien

C’est difficile c’est fort à avaler

Ma sœur où êtes-vous ?

Je perds mon poids se met à nu

J’ai éteins l’Impossible

Avec un détonateur surprise

Avoir assez d’affront pour écouter plusieurs sons à la fois, je suis tout permis. Je suis tout terrain. Tout m’est permis je suis un artiste. J’ai le droit de détruire, J’ai le droit de me détruire, c’est un acte manqué. Je vénère les ruines. Dresde 1945 capitale solaire.

Ce sentiment si fort si rare que tout est possible car tout est possible quand le cœur y est. Le cœur. Quand le cœur bat tout bat.

Croiser et semer le Réel, toujours la ligne sur l’horizon fatalement décalé.

Je tombe, tu guettes la chute, je suis en avant, je vis avant la seconde avant la minute avant l’heure qui tombe je suis Moderne avant l’heure je cisaille les contradictions de l’avenir.

Les dents serrés contre le mur, la mâchoire fixée, le regard oublié, j’évite le concassage de justesse, la pression est bien là.

J’ai tenté. Ça a marché. J’ai enfin touché l’amorce, le détonateur.

Implosion. Cadastre. Terrorisme. Sangs à la gueule. Armes à feu. Guerre. Spoliation. Imminence.

Un ami peuplier m’encourage depuis dix ans dans l’aventure poétique. A quand l’ami glaïeul, mélèze, hêtre ? Toute la flore réunis dans un texte en bitume armé.

Le marronnier je préfère éviter, ça gratte.

C’est trop noir ce que j’écris. Putain je n’arrive pas à écrire des choses tendres et gaies, enfin j’ai du mal. Je me libère de ma part d’ombre en écrivant mais je récuse le terme et la fonction « thérapeutique » de l’écriture. Le doute le doute vire au procédé j’ai trois dimensions abyssales d’écriture je remet ma propre plume en question à chaque fois que je frappe sur le clavier je détruis et je reconstruis alors la thérapie passe a coté de moi.

Ecrire c’est un Trip, un voyage vers un inconnu, nous sommes quasi-aveugles, l’expérience est déséquilibrante. Je parle d’Art, pas de commerce.

Je suis une pellicule photo et j’absorbe, j’absorbe, j’absorbe…ça imprime…ça impressionne…

Parfois je dégorge…

Hier c’était hier je jouais à changer l’écoulement des heures je permutais, je troquais des minutes contre des tonnes de secondes heureuses il est venu le temps où l’on peut se payer du bonheur c’est vrai c’est bon mais il y a un lendemain qui fracasse jusqu’à l’intime, au cœur.

Et mon cœur qui oublie de battre par paresse : Hier j’ai du appuyer sur mon pacemaker pour que ma vie se poursuive.

Hier je crois, j’ai été heureux. Court. Tendu. Au-dessus des cigognes. Mais sauvé, en paix.

Hier, nous avons beaucoup bu, beaucoup gobé. Fumé des cigarettes blondes qui charrièrent leurs miasmes dans les coins isolés des murs, où se réfugient les dingues et les paumés de la nuit.

Eclipse furtive

J’entends ta sueur

Je grignote encore encore un peu d’hier je triche mais je paie pour cela.

Cher.

Je referme le livre du temps. A moi de redescendre dans la ronde dans l’arène.

Reprendre mon rôle dans l’arène.

Totalement engourdi narcotique sommeil je perds pieds joints à l’unissons je rejette un regard narquois qui vise à me déstabiliser, la bête est féroce, il y aura du sang rouge à souhait mais pas de regrets j’aime

A te voir on dirait que tu rentres d’une nuit illimitée où tu traînais borderline

J’en veux toujours plus, toujours trop, toujours mieux.

En fin de compte, tout est une question d’échelle. Il faut avoir souffert pour goûter à la joie, à la paix. Il faut aller chercher cette paix après tant de routes sinueuses.

Le bonheur est contraste.

Le mieux est définitivement l’ennemi du Bien.

Ma santé se cabre. Il faut aller au bout, au bout de la sensation, on n’ a pas le choix.

Ce qui fait souffrir, le désir bien sûr. Sans désir pas de créativité. Imaginez un monde sans artistes. Un monde purement utilitaire. Charmant, non ?

Tout ce que j’ai fait dans l’écriture, tout ce que j’ai voulu, c’est aller vers l’extérieur, communiquer, rencontrer l’Autre.

Comme si j’avais peur de le rencontrer dans la réalité.

Je n’ai cherché qu’à me justifier de tout.

La réalité elle se crashe sur moi chaque jour et j’ai du mal à me ramasser. Que voulez-vous je suis tombé du paradis sans parachute. Et sans le mode d’emploi de la Vie.

Tout est un foutoir de toute façon. Le Chaos est devenu une théorie éminente.

Il me faut du contraste, je cherche le contraste…tout est trop atone, du nerf, de la nervure, du jus ! Des niveaux de couleurs la télé

Le ciel est fractionné fragmenté dessiné par un terrien brouillon hasardeux

La nuit était tombée. On cherchait à l’apprivoiser afin de la toucher. Toucher la nuit c’est distiller un rêve, disséminer des étoiles. C’est pointu, sophistiqué.

La tête déguisée par les étoiles.

Chercher la joie c’est errer dans sa propre brume. Ne cherche pas oublie endors-toi elle viendra

Je n’aimais que la nuit je festoyais d’ennui

Désormais c’est le matin que je guette la Vie : « la promesse de l’aube ».

J’aime les traces marques les tags du monde

Je n’aime que ça en fait

Des pas de vie en trop surexposent mes photos.

J’ai raté la prise. L’appât était trop faible.

Ma mâchoire va céder c’est très trop serré

Avoir une écriture racée en jouant avec des lames de rasoir, lacérer le quotidien, lui donner sa griffe.

Te dire

T’épeler chaque mot avec un caillou dans la bouche

Un caillou dans la poche

Pour ne pas perdre sa langue

Tu fermes la journée

Il fait soleil

Soleil de nuits

Un étranger frappe à la porte

Un étranger sans brise

Seul et sans papier

Sans accent

Sans mémoire

Identité floue

Il a un nom qui s’est perdu dans les fugues

Et tous les moments magiques qui s’évaporent pour tomber dans l’ennui

La claque

Si l’ivresse diminue ou disparaît, t’es mal, embouti. Il faut de l’ivresse pour porter le jour. Sous n’importe quelle forme sois ivre.

L’ivresse donne du sens à tes mouvements

L’ivresse liquide le Temps

L’ivresse est prophétique et ouvre toutes les portes

L’ivresse donne l’Impossible à portée de main

L’ivresse,

C’est ta chance.

Pas de quartier pour le quotidien !

« Il ne suffit pas de penser, il faut sentir son destin »

Unamuno.

Je rentre dans une pharmacie, il y en a beaucoup en France, dans toutes les rues en fait je rentre et je ne sais pas quoi acheter quel médicament ingérer pour ma neurasthénie chronique.

Toutes ces molécules ont un Destin.

Un grand poète n’écrit qu’un seul poème. Une unique, une irremplaçable œuvre faite de chair et d’esprit.

Courte mais très affûtée.

Tout est grâce. Tout est grâce.

Les objets rassurent mais nous possèdent. Que faire ?

J’habite sur Internet, au cœur de la fibre. Je suis une synapse du réseau mondial. J’habite à une frontière qui n’a pas de limites.

La limite de la pensée, c’est la limite du corps. Maudite incarnation.

La pensée ne fait que courir après le corps. Un retard difficile à combler.

L’esprit n’a pas été achevé.

Le mauvais quart d’heure de la Vie et ses moments divins

Je cherche des points d’appui, je cherche à me faire rassurer, à me faire dire que j’existe bel et bien, sujet libre et autonome. Vertiges de la Liberté.

On construit, on bâtit c’est bien, mais on ne détruit pas assez.

Pourtant détruire à de l’avenir.

On ne projette pas sur l’imaginaire, finalement.

On projette sur ses actions. La pensée heureuse, l’espoir ne se fait qu’au prix de nos efforts, au cœur de la vie, souvent « quotidienne ».

Trouver de l’ivresse dans la vie quotidienne. C’est le défi.

La chasse aux sécurités, la recherche d’une structure où s’articuler, pour ne pas dire s’ épanouir.

J’ai oublié mon corps sur le porte-manteaux.

Tout s’échappe, tout fuit, il y a voie d’eau dans la cale, je perds mes mots, mon passé, mon enfance. Tout est transformé, la ligne de fuite est allongée.

La fête est finie, la défaite proclamée, cessé le feu j’observe les structures du nouveau pouvoir la démocratie en peau de chagrin

Chagrin prédicat invalide

Chagrin équation non résolue

L’impossible est bien à l’heure

J’ai changé j’aime

Fiction rien n’a existé derrière les masques

Derrière les apparences il y a

Rien

Mon petit frère, c’est mon grand frère. Absolument.

Je suis en surface, là.

Je ne suis pas au monde si le plaisir ne vient pas.

Definitively not.

Contraste niveaux de gris le ciel menace mon humeur

Labile j’oublie d’être bien

Tout se passe

Calciné de la vie

C’est décidé, je vais rejoindre Rimbaud en Abyssinie

Sur-le-champ j’embarque en soute à Marseille

A bord des mercenaires me racontent leurs épiques trajets

Je referme 29 ans mon occident à moi

A moi l’orient le luxe le velours l’encens la myrrhe

Et la soie.

Mourir seul et lointain c’est perdre son éternité

mort lunaire esseulée

satellite

les dieux sont descendus

upside down

La pensée a un sacré retard sur le corps.

Comment te dire 

Comment te dire ce que j’ai oublié de te dire

Le jour de notre mariage

Enfin j’ai dit quelquechose

A l’église

Qui n’était pas au diapason de mon for intérieur

L’orgue non plus

notes biaisées déviance

un demi-ton au-dessus de la fureur

impalpable

voilà

je ne t’aime pas

depuis le début

Tout ce manège c’était pour meubler ma vie

J’ai épousé une étiquette si ce n’est un code-barre social

C’est une chambre. Assez petite. Fendue. Une chambre de bonne femme demeuré par un mec.

Impeccable, exquise, cosy.

Une chambre pour pouvoir rentrer chez soi après exposition à la foule

Une chambre pour avant

Une chambre pour après

Rarement pour l’instant décalage du moment

Une chambre pour les autres

Une chambre pour l’amour

Une chambre pour écrire la vie qui n’est pas dans la chambre

Une chambre pour décrire avec poigne la vie qui imagine

Rêver l’autre

Fictions tombées sur mon moniteur à cristaux liquides

Inspiration

Dieu dans ma chambre

Expiration

Les muses sont passées par ma chambre

Je ne les ai pas touchées

Juré

J’ai touché l’Azur

Mur contre mur

30 m² de frénésie

beaucoup de pensées

beaucoup de caprices

beaucoup d’idées

Lieu de la matrice

Dans ma chambre

Il n’y a que toi que je visite.

Dans ma chambre

Il n’y a que toi qui existe.

J’ai découvert Tosca de Puccini interprété par Callas, c’est un drame furieux et frénétique qui déverse une ivresse, une volupté vocale et orchestrale phénoménale.

Les mots ont une limite que la musique relaie. Il faut taire ce qu’on ne peut décrire avec le langage. La musique donne du sens à l’action, son message s’adresse à la subtile partie de l’Ame qui provient d’un autre ordre, référent, d’un autre univers, peut-être ce paradis dont nous sommes tombés ou une autre vie vécue dans un espace parallèle.

« La vie sans musique n’est qu’une erreur, une besogne éreintante, un exil » dixit Nietzsche.

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